Je me souviens d’un coeur qui battait la chamade,
Je me souviens de moi tout autour de ce coeur.
Et cette pulsation comme une sérénade,
Une invite à sourire pour chasser toute peur.
Je me souviens le trac et les mains qui tremblotent,
Les silences gênés dans l’espace tendu.
Et puis tout en même temps, il y avait ces notes,
Qui me jouaient l’espoir que je n’attendais plus.
Je me souviens des mots, tous ces mots d’importance,
De ces promesses faites à nos coeurs défaillants,
De cet élan tressé aux cheveux de la chance,
Pour coiffer tous nos voeux sans aucun faux-semblant.
Je me souviens d’envies, du besoin de s’entendre,
Des heures téléphonées sur le fil de la joie,
Et le temps qui nous laisse ces minutes à s’éprendre,
Ces minutes à comprendre qu’il est un Toi et Moi.
Alors je me souviens et je me souviendrai,
Qu’il n’est nulle part au monde aucun autre regard,
Qui me porte et me pousse à vouloir m’élever,
Et par lequel j’existe sans m’habiller de fards.
Et pourtant aujourd’hui je te fais la promesse,
D’oublier tout cela pour ne pas m’endormir,
Pour te donner demain la même envie de liesse,
Et que le souvenir enfante un devenir...
TQM MQT
Parfois l’eau de la mer déborde de nos yeux,
Salée et puis sincère, c’est un liquide aveu.
Un moment d'émotion, pas toujours de tristesse,
Une déclaration d’un bout de notre messe.
Celle qu’on fait chaque jour en l’église de la vie,
Où brûlent tous les cierges de nos rêves évanouis.
Quand on ne se rappelle, que c’qu’il faut oublier,
Et qu’on oublie toujours, ce qu’il faut se rapp’ler.
Alors j’ai un carnet, le mémo de mon ciel,
Celui où je gribouille tous mes vœux éternels,
Il n’est pas bien épais, des vœux j’en ai pas tant,
Mais ils sont de la race des vœux les plus puissants.
Ceux qui font qu’on espère les jours où ça va bien,
Et qui nous broient au soir où l’on est vide de rien.
Pourtant je veux y croire, j’y accroche qui je suis,
C’est l’encre du rappel du vaccin de ma vie.
Le cœur de mon Eglise, là où brûle ma Loi,
Là où je sais vraiment que je peux croire en moi.
Ce qui fait mon essence, ce qui fait mon parfum,
Que je voudrais porter parce que je suis quelqu’un.
Alors je vous invite à célébrer l’Office,
En l’église de la vie où l’on fait Armistice,
De la guerre que l’on livre avec ce que l’on est,
Pour se tourner enfin vers ce que l’on pourrait.
Et faire un Sacrement du meilleur de nous-mêmes,
Donner ce que l’on sait, partager le mot Aime.
Se permettre faiblesse et plier le genou,
Mais s’accorder le droit d’exister dans un Nous.
Alors c’est tous ensemble que l’on dira la Messe,
Où chacun est une aide pour celui qui se blesse.
Où les âmes sont fières d’être à l’autre un appui,
Une épaule sincère en l'Eglise de la Vie.
Pastiche d’après le texte de Monsieur Victor Hugo « Après la bataille »
Pour Pierre et Ami-mots...
Ma mère cette femme aux cheveux grisonnants,
Suivie du bel amour qu’on a pour son enfant,
Pour sa fille, son ainée, en l'occurrence, moi,
Parcourait en mon rêve l’un des quartiers niçois,
De cette vieille ville qui semblait désertée.
Il nous sembla alors nous entendre appeler.
C’était là mon banquier qui m’ayant reconnue,
Sortit de son agence sans plus de retenue.
Criant, vociférant, jetant sur moi l’opprobre,
Il disait : « La saisie, la saisie pour octobre ! ».
Ma mère révoltée par ce comportement,
L’attrapa par son col à moitié l’étranglant,
Et dit : « Je vous tiens là, je ne suis pas vicieuse ».
Tout à coup le banquier eut peur pour ses valseuses.
Se penchant vers ma mère, soudain il s’amadoue :
« Saisie est un grand mot pour un compte à bisous,
Visez à renflouer, soyons consensuels ».
Le coup partit tout seul du genou maternel,
Se portant au crédit des bourses glandulaires.
« Donne-lui tout de même un bisou » dit ma mère.
Pour un jeu en écriture chez Enriqueta.
Sur le thème du départ...
Lorsque je ne peux plus me tenir tout entière,
Dans ce coeur que je donne au monde délétère,
Quand tout le désespoir semble habiter mes pas,
J'ai peur qu'il ne me change en ce qui n'est pas moi,
Alors je pars...
Et je prends mon envol aux ailes des poudres blanches,
Respirées, injectées en soudaine avalanche,
Je me laisse emporter par ce vent de mirage,
Qui ne fait qu'aiguiser le même paysage,
Pourtant je pars...
Mon coeur est flamboyant sous les lumières factices,
Il bat d'une mesure qui n'est plus un supplice,
Mes rêves sont vivants, ils sont à ma portée,
Et pendant quelques heures, je sais que j'y croirais,
Alors je pars...
Dans ce monde hologramme projeté sur mes murs,
Où tout semble facile, possible et sans serrure,
J'ai la légèreté d'un bien triste fantôme,
Qui sait que rien ne change au théâtre des hommes,
Pourtant je pars...
Mais quand viendra le jour où ça ne suffit plus,
Quand l'idée du retour aura été perdue,
J'ajouterai des plumes aux ailes d'avalanche,
Et lorsque je verrai au loin la lumière blanche,
Vers elle, je partirai...
Parce qu'on ne peut juger un profond désespoir,
Et qu'aujourd'hui les mains qui se tendent sont rares...


Contempler l'éternité
dans le mouvement même de la vie...

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