Parfois l’eau de la mer déborde de nos yeux,
Salée et puis sincère, c’est un liquide aveu.
Un moment d'émotion, pas toujours de tristesse,
Une déclaration d’un bout de notre messe.
Celle qu’on fait chaque jour en l’église de la vie,
Où brûlent tous les cierges de nos rêves évanouis.
Quand on ne se rappelle, que c’qu’il faut oublier,
Et qu’on oublie toujours, ce qu’il faut se rapp’ler.
Alors j’ai un carnet, le mémo de mon ciel,
Celui où je gribouille tous mes vœux éternels,
Il n’est pas bien épais, des vœux j’en ai pas tant,
Mais ils sont de la race des vœux les plus puissants.
Ceux qui font qu’on espère les jours où ça va bien,
Et qui nous broient au soir où l’on est vide de rien.
Pourtant je veux y croire, j’y accroche qui je suis,
C’est l’encre du rappel du vaccin de ma vie.
Le cœur de mon Eglise, là où brûle ma Loi,
Là où je sais vraiment que je peux croire en moi.
Ce qui fait mon essence, ce qui fait mon parfum,
Que je voudrais porter parce que je suis quelqu’un.
Alors je vous invite à célébrer l’Office,
En l’église de la vie où l’on fait Armistice,
De la guerre que l’on livre avec ce que l’on est,
Pour se tourner enfin vers ce que l’on pourrait.
Et faire un Sacrement du meilleur de nous-mêmes,
Donner ce que l’on sait, partager le mot Aime.
Se permettre faiblesse et plier le genou,
Mais s’accorder le droit d’exister dans un Nous.
Alors c’est tous ensemble que l’on dira la Messe,
Où chacun est une aide pour celui qui se blesse.
Où les âmes sont fières d’être à l’autre un appui,
Une épaule sincère en l'Eglise de la Vie.
